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Troisième Mi-Temps

Etudiant en STAPS, triathlète, fou de sports et chasseur d'émotions...

BASKET - La classe mondiale

Publié le 11 Septembre 2014 par Martin Cauwel

Basket – LA CLASSE MONDIALE

Ça devait être son Mondial. L’impressionnant Pau Gasol, le pivot de 2 mètres 15 aux doigts de fée, était en mission : laver l’affront du dernier Championnat d’Europe (la France avait éliminé l’Espagne en ½ finale, où Pau Gasol était absent), emmener « la Roja » en finale, et montrer la voix à ses coéquipiers pour terrasser l’ogre américain, ultime obstacle entre eux et le sacre planétaire. Oui mais voilà. A en voir la mine déconfite de Pau Gasol hier soir en zone mixte, grande carcasse avec une mine de gamin déçu et déboussolé, on pouvait facilement comprendre qu’un évènement inattendu était venu enrayer la mécanique bien huilé de l’étourdissant jeu espagnol. Invaincue jusque-là, la sélection ibérique a subi une terrible désillusion face à ses meilleurs ennemis.

 

 

Alerte rouge

En effet, lors de ses 6 premiers matchs, l’Espagne n’avait laissé que des miettes à ses adversaires, en marquant 88,1 points par match en moyenne, et en s’accordant quasi systématiquement une confortable marge de plus de 20 points entre elle et ses « victimes ». La France et l’Espagne s’était d’ailleurs déjà rencontrées au 1er tour, le match s’était conclu sur une large victoire espagnole : +24.

Face à cette armada habituée à jouer ensemble depuis des années, les Français n’avaient d’autre choix que de livrer un match d’anthologie, parfait à tous points de vue, sans le moindre accroc. La rivalité qui oppose les deux nations est si intense que les espagnols attendaient plus ce match, cette revanche, qu’une éventuelle finale face à Team USA.

 

 

Les Bleus condamnés à l’exploit

Le décor est donc dressé pour ce ¼ de finale des championnats du monde de basket, dans une salle madrilène chauffée à blanc et pleine à craquer d’espagnols qui veulent tout simplement voir les Français se faire marcher dessus. Et au jeu des pronostics, la balance penchait sérieusement en faveur de la Roja. L’Espagne est au grand complet. Expérience, taille, talent, … Cette équipe est taillée pour gagner.

Le premier ¼ temps se terminait sur un statuquo entre les deux équipes, 15-15, malgré un départ tonitruant des Bleus qui ont mené 11-2. Ces premières minutes de jeu avaient déjà montré que le match serait une opposition défensive et qu’aucune erreur ne serait permise.

De la même manière, les écarts se sont fait et se sont défait pendant les 3 premiers ¼ temps. Aucune équipe n’a su prendre le large et faire la différence. Il reste 10 minutes à jouer, et l’Espagne mène 43-42.

 

 

Le ¼ temps de leur vie

L’année dernière, lors du Championnat d’Europe et notamment de la ½ finale remportée au nez et à la barbe de l’Espagne, les français avaient pu compter sur le génie et l’expérience de Tony Parker, le meneur qui avait écœuré tout un pays en offrant 32 points au sien. Cependant, Parker n’était pas là ce soir de septembre 2014 quand cette équipe de France, au confluent de 3 générations de joueurs, s’apprêtait à écrire un des plus fantastiques chapitres du sport français.

Après avoir subi le jeu lors du 3ème ¼ temps, les Français avaient complétement changé de visage et apparaissaient décomplexés et gonflés à bloc. Mais surtout : hermétiques à la pression.

Pendant que Mickael Gelabale enfilait les paniers comme des perles les veines remplies de sang froid et que Boris Diaw honorait son costume de capitaine en rentrant tout ce qu’il tentait à 2 ou 3 points, les Espagnols bafouillaient leur basket, à l’image de cette passe complétement manquée par Pau Gasol, lui, le métronome.

Mais la démonstration bleue ne s’arrête pas là, avec l’émergence au plus haut niveau de 2 jeunes joueurs : le meneur Thomas Heurtel et le pivot Rudy Gobert. Comme un grand, Heurtel se baladait devant la défense de la Roja, délivrait des passes limpides, scorait quand il le fallait, … Bref, il facilitait le jeu de son équipe. Tentaculaire, Gobert nettoyait tout ce qui lui passait à portée de ses immenses bras. Rendre fou des garçons comme les frères Gasol et Serge Ibaka au rebond, ce n’est pas donné à tout le monde !

 

 

Héroïques, les Français ont produit un jeu parfait, presque irréel, en sevrant les espagnols de bonne possession et en faisant preuve d’une remarquable adresse en attaque. La victoire fut conclue par un 3 points stratosphérique du « petit » Thomas Heurtel, comme un symbole.

 

Le titre de champion d’Europe 2013, la belle aventure au Mondial 2014 (pas encore terminée !), toutes ses performances s’inscrivent dans la formidable progression de cette équipe de France, sur les fondations de la génération des Parker, Pietrus et Diaw, renforcée par les Batum et consorts, et sublimée par l’insouciance des Gobert, Heurtel, et tant d’autres !

La France est en ½ finale de la Coupe du Monde de Basket, ce qu’elle n’a pas réalisé depuis les années 1950. Les Bleus rencontreront la Serbie, vendredi soir à 22h, pour rêver encore un peu plus…

 

 

[Photos : © Richard MARTIN / L’Equipe]

Ecrit par Martin CAUWEL

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